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Bonjour,
Cette semaine c'est Angélique, notre paysanne-boulangère qui prend la parole:
" Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet qui me tient très à cœur : La place de la femme dans l’agriculture. Je suis tellement fière de pouvoir dire que je suis agricultrice mais je suis très en colère du réel combat que j’ai dû mener pour y parvenir. Je ne suis pas fière aussi de la population masculine agricole (chefs d’exploitations, commerciaux, professeurs, conseillers Chambre ou membres de la commission DJA...), qui par leurs propos et leurs actes, leurs esprits étriqués et moyenâgeux m’ont plus d’une fois fait douter de moi, de mes compétences et de ma légitimité. Aux Clarines, nous sommes largement représentées les femmes et je pense bien entourées par nos pairs masculins (à mes collègues masculins du marché n’y voyez pas une attaque de ma part !) mais malheureusement sur les autres marchés, magasins de producteurs, ou tout simplement dans le reste du paysage agricole, on reste sous-représentées.
Où sont passé les paysannes ?
Regardez les bancs de nos lycées agricoles : les salles de classes sont vibrantes, dynamiques et remplies aux deux tiers par des jeunes femmes (elles représentent 60% des effectifs dans l’enseignement supérieur). Passionnées, déterminées, elles étudient l’agronomie, la gestion d’exploitation, l’élevage ou le maraîchage avec une compétence et une rigueur qui n’ont rien à envier à leurs homologues masculins. L’avenir de la terre semble s’écrire au féminin.
Pourtant, quelques années plus tard, le constat est sans appel : une immense majorité d’entre elles se sont volatilisées en cours de route. Les chiffres s’effondrent, les femmes redeviennent minoritaires à la tête des exploitations, à peine 26% des chefs d’exploitations sont des femmes. Où sont-elles passées ?
La vérité est aussi amère qu’un hiver de gel ! Elles n’ont pas perdu leur passion; on leur a juste bloqué le passage !
Le plafond de verre de la campagne !
Devenir agricultrice aujourd’hui ; c’est trop souvent s’engager dans un parcours du combattant jalonné d’injustices ordinaires et de réflexes d’un autre âge ! Le sexisme et les réactions machos restent une réalité bien trop ancrée dans le monde agricole.
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C’est le commercial ou le banquier qui demande à « parler au patron » alors que la patronne est en face de lui.
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C’est le manque de considération persistant qui relègue trop souvent les femmes au rang « d’aides » ou de secrétaire de l’exploitation, niant son statut de chef d’exploitation à part entière.
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C’est la pénibilité physique parfois instrumentalisée pour disqualifier leurs compétences, alors que la technologie et l’ingéniosité moderne permettent de palier la force brute.
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Le travail de l’ombre sans statut ; plus de 130 000 femmes travaillent quotidiennement sur des fermes sans avoir de statuts. Indispensables mais invisibles aux yeux de la société, des banques et de la retraite.
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Le frein de la parentalité : le remplacement lors des congés maternités reste un parcours du combattant. Devoir gérer une grossesse et un accouchement tout en trayant les vaches ou en gérant les récoltes sans service de remplacement efficace pousse de nombreuses jeunes femmes à renoncer.
Ces barrières psychologiques et sociales agissent comme un tamis impitoyable lors du parcours à l’installation. L’accès au foncier, au crédit bancaire et à la crédibilité auprès des pairs reste une épreuve de force pour une femme seule. Face à ce mur de doutes et de condescendance, beaucoup finissent par bifurquer, lassées de devoir prouver deux fois plus pour obtenir deux fois moins de reconnaissance.
Hommage aux survivantes du système
« Être agricultrice aujourd’hui, ce n’est pas seulement exercer un métier, c’est mener une révolution silencieuse à bord de son tracteur »
Malgré ce tri sélectif qui ne dit pas son nom, il y a celles qui s’accrochent. Celles qui refusent de baisser les bras et qui vont jusqu’au bout de leur rêve d’installation. Celles-là méritent notre admiration et un respect inconditionnel.
Pour s’installer, elles ont dû surmonter les doutes des banques et des assurances, ignorer les sourires en coin des voisins ou du cédant, et imposer leur légitimité à la force du poignet et de leur expertise, tout en menant leur vie de femme et de maman en parallèle. Aujourd’hui, elles gèrent des entreprises viables, innovantes, diversifient, et font vivre nos territoires avec une résilience remarquable. Elles prouvent chaque jour, sur le terrain, que la compétence n’a pas de genre ! "
A samedi :)
1 - Au programme du Marché de ce samedi 11 Juillet :
Les miels, pains d'épices, nougats et autres produits de la ruche des Miélises
Les fraises, framboises et autres petits fruits, sorbets et confitures de la Ferme des Grands Bois
Les fromages de chèvre de la Ferme de Chasse-Nuage
Les pains paysans au levain d'Angélique
Les légumes de la Ferme de Pré Neuf Les fruits de saison des P'tits Pépins Bio Les fromages de vache et viande de veau et de bœuf de la Ferme des Clarines Les œufs de la Poule’Rit de Julie
-> Deux pétitions à faire tourner :
-> Vend. 10 Juillet à partir de 18h au Café Villageois à St Didier : Last dance avant les vacances, le Chœur du Café fait son show suivi d'une soirée Karaoké !
-> Du 16 au 18 Juillet : Rando Agri Culturelle Mont'en Scène, 3 jours de randonnée dans les Monts du Lyonnais entre Chazelles et Pomeys et 3 soirées de spectacles dans des fermes, possibilité de participer à la carte aux journées ou aux soirées, un événement riche en rencontres à ne pas manquer !
-> Les adhésions à ARPE sont toujours ouvertes. Merci de votre soutien à l'association qui porte le marché et organise des évènements citoyens, solidaires et engagés pour l'environnement !
Merci encore de votre confiance et n'oubliez pas de partager toutes ces infos !
Pour ARPE et les producteurs du Marché,
Marie-Claire
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